Réunion 17 mars 2004

Remonter

LES CAUSES DES APNÉES OBSTRUCTIVES

 

                                                          Dr A.Van Meerhaeghe

                                                Pneumologue CHU de Charleroi

 

Il n’y a pas une seule cause mais plusieurs

Quelques définitions

 

Ronflement : bruit inspiratoire produit par la vibration des tissus mous au niveau du voile du palais, de l’uvule, de la base de la langue   et des parois pharyngées .

Le pharynx doit être à la fois souple (parole et déglutition) et rigide(respiration) Þ pour que tout fonctionne correctement, la solution musculaire est appropriée (maintien de l’ouverture pendant la respiration et modification de la forme pour l’exercice de la parole et de la déglutition) .

 

Hypopnée : il n’y a pas de définition unique . On peut cependant dire qu’il y a une réduction transitoire et incomplète de la respiration d’au moins 10 secondes .

 

Apnées obstructives : arrêt du débit respiratoire d’au moins 10 secondes avec présence

                                   d’efforts inspiratoires .

 

Lors de l’analyse d’une polysomnographie, on ne sépare pas les hypopnées des apnées .

Résultats = index horaire d’apnées et hypopnées

 

Le syndrome d’apnée est plus fréquent chez les hommes (24% pour 9% chez les femmes)

d’âge moyen (30 à 60 ans)

 

Syndrome léger :       5 – 15 apnées/hypopnées / heure de sommeil

Syndrome modéré :  15 – 30 apnées/hypopnées / heure de sommeil

Syndrome sévère :    plus de  30 apnées/hypopnées / heure de sommeil

 

Le danger existe à partir de 20 apnées/hypopnées / heure de sommeil : la mortalité et la morbidité sont plus élevées .

Certaines études ont même démontré qu’à partir de 10 apnées/hypopnées / heure le danger existait déjà au niveau cardio-vasculaire

 

Anatomie des collapsus

 

 

 

 

 

Le problème d’obstruction se situe derrière la luette et la base postérieure de la langue .

Lorsque l’on se couche, il y a un affaissement de la langue et du palais mou Þ réduction de la lumière pharyngée. Lorsque l’on dort, cette lumière se réduit encore plus .

Si la mâchoire inférieure est plus petite et en retrait de la mâchoire supérieure, le risque d’affaissement est plus important (car il y a moins de place pour la langue).

 

Les « tourbillons d’air » (lors de respiration par la bouche) augmentent également le risque d’affaissement .

 

Mallampati (anesthésiste canadien) a décrit différents stades où on retrouve des signes prédisposant aux apnées :

Ø   Stade I : la luette et le voile du palais visibles lorsque le sujet ouvre la bouche

Ø   Stade II : la luette et le voile du palais commencent à descendre

Ø   Stade III : on ne voit pratiquement plus la luette et le voile du palais

 

Lors de la réalisation d’une résonance magnétique nucléaire chez un patient apnéique, on retrouve une réduction du passage de l’air (en position couchée) . Chez certains d’entre eux, la masse adipeuse est plus importante .

 

En résumé

 

On retrouve, en cas d’apnées, un rétrécissement ou une obstruction au niveau du pharynx (organe souple) .

 

Facteurs importants : position, sommeil, poids, amas de tissu adipeux au niveau du cou, anomalies anatomiques au niveau du pharynx, obstruction nasale, âge (moyen et plus), le sexe (hommes ® hormones androgènes, pharynx plus long)

 

Facteurs favorisants probables mais pas sûrs : tabagisme, reflux acide ® les deux provoquant une inflammation et un oedème du pharynx

 

Facteurs génétiques : famille d’apnéiques

 

Autres causes de rétrécissement du pharynx

 

v     Normalement, le cerveau stimule les muscles dilatateurs du pharynx .

Lorsque l’on dort, les commandes venant du cerveau sont insuffisantes pour maintenir le pharynx ouvert Þ diminution du tonus musculaire Þ diminution du diamètre du pharynx .

De plus, chez les personnes apnéiques, le cerveau envoie l’ordre de dilatation trop tard 

 

v     En position couchée, chez les personnes obèses, les poumons sont rétrécis par le volume abdominal qui les poussent vers le haut. Les poumons étant plus petits, tirent moins sur la trachée et les voies aériennes supérieuresÞ la traction dans les parois est moindre Þ les parois sont plus souples et se laissent aller .

En moyenne, perdre 1Kg/m2 permet de réduire l’index d’apnées/hypopnées de 8 à 9% (en dehors d’anomalies anatomiques importantes) .

 

v     Les cercles vicieux : ® les vibrations des ronflements, les collapsus répétés amènent à la formation d’œdème suite aux traumas mécaniques . L’œdème peut réduire les dimensions des voies aériennes supérieures

® chez certains patients, les muscles dilatateurs du pharynx pourraient devenir chroniquement fatigués ou lésés .

® une fois lancé, le syndrome s’auto-entretiendrait ou même s’aggraverait .

 

Þ POUR EN SORTIR , IL FAUT SE TRAITER

 

Conclusions

 

 v     Les causes du syndrome d’apnées deviennent de mieux en mieux comprises, cependant, du travail  
   reste à accomplir

 

v     Au niveau neurobiologique, il existe encore des zones d’ombre

 

v     Toute nouvelle thérapeutique ne viendra que quand la compréhension sera plus étendue

   

APNÉES, PPC ET PSYCHOLOGIE

 

M.Kerkhofs

Dr en Psychologie Laboratoire de Sommeil

CHU de Charleroi

 

Conséquences psychologiques des apnées

v     Sommeil non récupérateur

v     Somnolence

v     Fatigue

v     Manque d’énergie

v     Irritabilité

v     Troubles de la vigilance, de l’attention, de concentration, de mémoire

v     Les tâches monotones, simples, répétitives sont altérées comme en cas de privation de sommeil

v     Le sommeil  peut tuer ....

Ø   Le risque est souvent sous-estimé

Ø   Un tiers des accidents mortels sur autoroute

Ø   Patients à risque

Ø   Interdiction de conduite en l’absence de traitement

v     La fatigue et la somnolence vont progressivement induire :

Ø   Une perte d’énergie, d’intérêt

Ø   Un découragement

Ø   Un repli sur soi, une perte de la confiance en soi, de l’estime de soi

Ø   Une diminution des activités, du rendement

v     Diminution de la qualité de vie pour le patient et le conjoint dont le sommeil est aussi perturbé par les ronflements et les apnées

v     Problèmes au travail, en famille, en couple

 

Les effets du traitement

 

v     Normalisation du sommeil

v     Restauration de la vigilance et de la mémoire

v     Amélioration de l’humeur

v     Nouvelle qualité de vie

 

Accepter le traitement

 

v     Accepter le diagnostic

v     Comprendre la maladie et ses conséquences

v     Comprendre la nécessité  et l’efficacité du traitement

v     Développer des stratégies d’adaptation : « coping » = stratégies conscientes ou non, plus ou moins rationnelles utilisées pour s’adapter aux difficultés de la vie

 

TYPES DE STRATÉGIES

Actives : approche

Passives : évitement

Ø      Confrontation : efforts pour changer, pour comprendre

Ø      Détachement : minimisation, négation de la situation

Ø      Recherche de support social : information, réconfort

Ø      Responsabilité

Ø      Signification positive

Ø      Évitement : efforts pour échapper au problème

 

Ma PPC et moi

 

Stratégies actives

Hygiène du sommeil

Ø      Confrontation, compréhension

Ø      En général

Ø      Support social

Ø      Se préparer au sommeil

Ø      Recherche de solutions, astuces

Ø      Rituels

Ø      Dialogue, demande de conseils

Ø      confort

  

 

LES MYTHES CONCERNANT LA PERTE DE POIDS

Dr A.Bailly

Endocrinologue

CHU de Charleroi

 

v     Avant 1940-1945, l’homme devait combattre des maladies telles que la tuberculose

Depuis 1945, il doit combattre l’obésité, le cancer, les allergies, etc ; c’est-à-dire des maladies induites par l’homme .

 

v     Combien dois-je peser pour ne pas avoir de problème de santé ?

 

Ø      BMI = body mass index (index de masse corporelle)

        = poids

           taille au carré

 

Ø    Excès de poids : BMI à partir de 25Kg/m2

           Obésité             :  BMI à partir de 30Kg/m2

Obésité sévère  :  BMI à partir de 40kg/m2

Super obésité    :  BMI  à partir de 50kg/m2  

 

Plus on prend du poids, plus la mortalité et la morbidité augmentent

Plus on perd du poids, plus la mortalité et la morbidité augmentent aussi  (anorexie)

 

Types d’obésité

 

v     Obésité androïde chez les hommes (pomme)

v     Obésité gynoïde chez les femmes (poire)

 

v     TT/TH ³ 0.8 chez la femme (obésité androïde)

v     TT/TH ³ 1 chez l’homme

(TT= tour de taille - TH = tour de hanche)

 

v     L’obésité androïde est plus dangereuse au point de vue cardio-vasculaire

 

Combien de calories faut-il consommer par jour pour perdre du poids ?

 

v     Besoins énergétiques : - métabolisme de repos : nécessaire pour assurer notre survie

                                                 - effet thermique des aliments : calories dépensées pour digérer les aliments

                   - activité physique

 

v     Si on prend plus de calories que nécessaire, on grossit Þ si on veut perdre du poids, les entrées doivent être inférieures aux sorties

 

Þ     IL FAUT UNE BALANCE ENTRE LES ENTRÉES ET LES SORTIES

 

v    Plus on grossit, plus on peut manger car les besoins énergétiques sont plus élevés .      

v    Plus on maigrit, moins on peut manger

 

 

v   Combien de calories ?

·          Le nombre de calories nécessaire diminue avec l’âge

·          Les femmes ont besoin de moins de calories que les hommes

·          Hérédité

·          La taille : plus on est petit, moins on a besoin de calories

·          L’activité physique : plus on se dépense, plus on peut manger

 

LES BESOINS  INDIVIDUELS SONT   DIFFÉRENTS CAR NOUS SOMMES TOUS DIFFÉRENTS AU NIVEAU DES BESOINS ÉNERGÉTIQUES

 

Manger allégé

 

v     On gagne peu de calories, on paie plus cher et le goût est moins agréable

 

v     Composition : ces aliments contiennent moins de lipides, mais toujours autant de glucides et de protides

 

v     L’ index glycémique dépend de la maturité du produit : une  pomme « normale »       (= sucres lents) aura un index glycémique plus faible qu’une pomme ayant bien profité du soleil (= sucres rapides)

 

v     Attention au fast-food : nombre de calories très important

 

 

IL N’Y A PAS DE BONS OU DE MAUVAIS ALIMENTS, TOUT DÉPEND DE LA QUANTITÉ QUE L’ON MANGE . AUCUN ALIMENT N’EST INTERDIT

 

v     La loi permet des allégations aux fabricants :

® quantitatives : «  riche en calcium »

® fonctionnelles

® santé : « le calcium améliore la densité osseuse »

 

v     Attention à l’influence des publicités

 

v     La margarine est aussi calorique que le beurre ; de plus, la consommation de margarines végétales augmente les risques d’accidents cardiovasculaires

 

v     Oeufs et cholestérol : pas d’augmentation du cholestérol lorsque l’on mange des oeufs

 

v     Attention à la quantité totale de graisses mangées par jour

 

v     Les aliments riches en lipides ( contenant 15grs de lipides ou plus dans 100grs d’aliments ) n’ont nul besoin d’être proscrits de la ration même si l’on fait régime . En réalité, c’est le cumul, dans la journée et jour après jour, de ces aliments riches en graisses qui risque de poser problème

 

v     Les surgelés sont intéressants au niveau préservation des fibres lors de la cuisson

 

v     Attention aux graisses cachées : chips, cacahuètes, biscuits, pâtes, etc

 

v     La mention « sans sucre » ne signifie pas que le produit ne contient pas de glucides, mais simplement que l’on n’a pas ajouté de saccharose pour la fabrication ou la commercialisation du produit . Si les glucides étaient présents dans le produit d’origine, ils sont encore très probablement présents dans le produit portant la mention « sans sucre » (exemple : les yaourts aux fruits)

« SANS SUCRE » SIGNIFIE SIMPLEMENT « SANS AJOUT DE SACCHAROSE » ET EN AUCUN CAS « SANS GLUCIDES »

 

v     La mention « sucré à l’aspartam n’exclut pas la présence de sucre ou d’autres glucides ; cela signifie juste qu’il y a de l’aspartam dans le produit .

 

v     La mention « light » n’a aucune définition légale . Elle constitue simplement un élément publicitaire pour attirer l’attention du consommateur, sans aucune garantie quant à la composition du produit . Certains produits « light » ne contiennent pas du tout de glucides . D’autres en comportent une quantité moindre que le même produit « non-light », mais cette quantité est souvent loin d’être négligeable .

 

v     3 repas, 3 collations : le nombre et les horaires des repas dépendent des civilisations et des habitudes sociales

 

 

 

POURQUOI EXISTE-T-IL DES PROBLÈMES DE POIDS ?

PARCE QU’IL Y A UNE AUGMENTATION DES APPORTS ALIMENTAIRES ET UNE DIMINUTION DE L’ACTIVITÉ PHYSIQUE

 

Comment manger ?

 

v     Si on veut maigrir, il faut diminuer le nombre de calories

 

v     Suivre la pyramide alimentaire : plus on monte, moins on peut manger

 

 

 

Conclusion

 

v     La vérité d’aujourd’hui n’est pas celle de demain :

Ø      1945 : il fallait manger plus

Ø      1970 : manger moins (allégé)

Ø      1980 : manger vite (fast-food)

Ø      fin 1980 : manger sans cholestérol

Ø      1990 : manger « juste » (bio)

Ø      2000 : manger quoi ? manger pur

 

v        L’idéal est de maintenir un BMI inférieur à 25 et augmenter l’activité physique

 

v        Attention à la publicité influençant les enfants

 

QUESTIONS/RÉPONSES

 

Le stress favorise-t-il les apnées ?

 

v     En temps que tel le stress n’a pas d’action sur les apnées

v     Certains types de médicaments contre le stress ont une action sur les apnées

v     Par contre, certains antidépresseurs ont une action positive sur les apnées

v     Il se peut que les patients stressés ne supportent plus leur PPC

v     Parfois il y a compensation du stress en mangeant plus Þ prise de poids Þ aggravation des apnées .

 

« Je possède un humidificateur, et certains jours, je consomme plus d’eau . Pourquoi ? »

 

Cela dépend du taux d’humidité dans l’air, qui varie d’un jour à l’autre

 

Apnées et anesthésie

 

v     Il faut prendre l’appareil à la salle de réveil

v     Pas de problème pour l’intubation

v     Il n’y a pas plus de danger pour un utilisateur de PPC que pour quelqu’un d’autre

 

Position idéale pour dormir

 

v     Si présence d’un reflux gastrique, il faut surélever la tête

v     La position idéale = la position la plus confortable pour le patient ( attention de ne pas « casser » le cou avec un excès d’oreillers)

 

La position a-t-elle une influence sur le nombre d’apnées ?

 

v   Oui, pour les syndromes pas trop graves, la position dorsale peut aggraver et la position latérale peut améliorer .

v   La position ventrale n’est pas mauvaise, mais elle n’est pas bénéfique . En effet, la tête placée sur le côté rétrécit le conduit respiratoire

 

« Je me mouche beaucoup, est-ce normal ? »

 

v     C’est un phénomène fréquent, mais ce n’est pas normal

v     Il faut voir l’environnement

v     Si il n’y a pas de solution, il faut placer un humidificateur : environ 10% des patients en ont besoin

v     Il existe des manchons pour réchauffer le tuyau Þ réchauffement de l’air inspiré et présence d’un peu d’eau dans le tuyau (humidification)

 

 

« Je suis toujours fatigué même avec l’appareil . De plus, j’ai fréquemment des otites et des pharyngites »

 

v     Les infections ne sont pas un effet secondaire de l’utilisation de la PPC . Il faut cependant bien entretenir l’humidificateur (attention aux champignons !)

v     Il faut voir si l’environnement n’est pas infecté

v     Il faut voir aussi si le patient ne souffre pas de contractures musculaires

v     L’appareil est-il correctement utilisé ?

 

Quel est le temps d’utilisation minimale pour que l’utilisation de l’appareil  soit efficace ?

 

Plus on le met, mieux c’est . Il faut mettre l’appareil dès que l’on dort, même pour des siestes 

 

BILAN D’UN AN DE  GUPPC

 

               G.Hallet

 

v     21 mars 2003 : fondation du groupement francophone des « utilisateurs de pression positive continue »

 

v     17 mars 2004 : 44 membres

 

v     Création d’un site web en perpétuelle évolution :

Ø        Page d’accueil

Ø        Séance inaugurale de la création du GUPPC

Ø        Reportage vidéo de Télésambre

Ø        Vues du labo sommeil

Ø        Bibliographie

Ø        Appel à de nouveaux articles et/ou témoignages

Ø        Bulletin d’inscription (inscription gratuite)

Ø        Site français UPPC

Ø        Comptes-rendus des différentes conférences

 

v   20 mai 2003 : première réunion pour poser les bases et les objectifs de l’association

 

v   Juillet 2003 : · rencontre du groupement mutuelliste « Espace Seniors » en vue d’une 
            éventuelle collaboration

· prise de contact avec Test-Santé pour une évaluation du matériel  
            existant sur le marché

· projet d’une charte triangulaire « labo-firme-patient »

· distribution d’un formulaire d’enquête

 

v   11 décembre 2003 : nouvelle conférence au cours de laquelle Monsieur Stormacq a pu expliquer l’évolution du matériel et présentation des résultats de notre sondage.

 

v   17 février 2004 : réunion afin d’envoyer les convocations pour la journée du 17/03/04

 Remerciements à : Jacqueline Levêque et son mari, Anne-Marie Laneuville, Joseph Delcourt, Antonio Carbonaro, Christopher Lemaire, Roger Mahaut, Thierry Gline et bien d’autres ....

 

 

Pour ceux et celles qui ont un peu de disponibilité : vous pouvez nous rejoindre dans le comité de pilotage de l’association